Grossesse et diabète : Le diabète gestationnel

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Le diabète gestationnel est un diabète révélé ou diagnostiqué pendant la grossesse. Il concerne 5% des femmes enceintes et disparaît après l’accouchement dans 98% des cas.

Qu’est-ce qu’un diabète ?

Le sucre pénètre dans les cellules pour y être transformé en énergie grâce à l’insuline. Mais lorsque le pancréas secrète mal ou pas assez d’insuline, il y a augmentation de la glycémie (quantité de sucre dans le sang). A jeun, une glycémie normale est comprise entre 0.80 et 1,10 grammes par litre de sang. Si la glycémie est supérieure à 1,26 g/l (le test doit être fait à deux reprises), il y a diabète.

On parle de diabète de type 1 en cas de sécrétion insuffisante d’insuline par le pancréas et d’insulinodépendance. Il démarre dès l’enfance (d’où son appellation, autrefois, de diabète juvénile). A l’opposé le diabète de type 2 est un diabète d’adulte, le plus souvent lié à l’obésité.

Spécificités du diabète lié à la grossesse

Pendant la grossesse, les besoins en insuline augmentent. Si la fabrication d’insuline reste insuffisante, un diabète apparaît, appelé «diabète gestationnel». Ce diabète très particulier est assez courant : il concerne environ 5 % des grossesses (10% aux Etats-Unis). Il doit être suivi car il expose à des complications maternelles et fœtales potentiellement sévères.

Le diabète gestationnel apparaît classiquement entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée. En effet cette période correspond à la sécrétion de l’hormone lactogène placentaire (HPL) par le placenta, hormone responsable d’insulino-résistance chez la mère.

Comment dépister le diabète gestationnel ?

Le dépistage se fait en deux temps :

-d’abord le test O’Sullivan : la patiente absorbe 50g de glucose (dilué dans un verre d’eau) à jeun. On effectue une mesure de sa glycémie une heure après : si le seuil est supérieur à 2g/l, le diabète gestationnel est avéré, sans nécessité d’autres explorations. Si la glycémie est inférieure à 1,3g/l, le test est négatif. Si la glycémie se situe entre 1,3g/l et 2g/l, on pratiquera un autre test, l’hyperglycémie provoquée per os (HGPO).

-l’HPGO : la femme, à jeun, absorbe 100 g de glucose puis l’on mesure sa glycémie sur le moment (HO), une heure après (H1), deux heures après (H2) et trois heures après (H3).

Si deux valeurs excèdent les normes suivantes, le diagnostic de diabète gestationnel est posé : glycémie à HO supérieure à 0,95g/l ; à H1 >1,85 g/l ; à H2 > 1,55 g/l ; à H3 > 1,4 g/l.

Si une seule de ces valeurs est pathologique, on parle d‘intolérance au glucose.

Il y a quelques années l‘OMS a élaboré un autre test en une seule étape : absorption de 75g de glucose, puis mesure de la glycémie veineuse à 2 heures : le test est positif (et le diabète gestationnel avéré) si la valeur est > à 1,4g/l, sans nécessité de confirmation.

Facteurs de risque du diabète gestationnel

Certaines femmes sont plus exposées que d’autres si :

-elles ont eu plusieurs enfants. Le risque de base est de 5 à 6% en France, mais l’incidence grimpe à 19% chez les multipares.

-elles ont des antécédents familiaux de diabète de type 2

-elles sont en fort excès de poids (l’obésité est un facteur aggravant),

-elles avaient un poids de naissance supérieur à 4kg ou inférieur à 2,5kg

-elles ont fait du diabète gestationnel lors d’une grossesse précédente

-elles ont déjà eu des bébés de plus de 4 kg

-elles ont plus de 35 ans

-elles ont eu des fausses couches ou des bébés morts nés sans raison apparente.

Sachez toutefois que dans la moitié des cas le diabète gestationnel apparaît en l’absence de facteur de risque

Diabète de grossesse : quel traitement possible ?

L’objectif est de ramener la glycémie à un niveau normal en maintenant un apport alimentaire satisfaisant pour la mère et l’enfant. Pour cela, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière et compatible avec la grossesse seront préconisées car elles améliorent la glycémie. Celle-ci sera surveillée très régulièrement dans les urines.

Si le respect des règles diététiques ne suffit pas pour obtenir des glycémies normales, on aura recours aux injections d’insuline. Une auto surveillance sera mise en place, qui fournira aux médecins des informations sur le type d’insuline et sur le nombre d’injections nécessaires.

Au départ, une hospitalisation de 2 à 3 jours sera nécessaire pour apprendre à se piquer et à manipuler les doses d’insuline.

Quels sont les effets du diabète gestationnel sur le bébé ?

Si le sucre passe librement la barrière placentaire, ce n’est pas le cas de l’insuline maternelle, ce qui conduit à une production accrue d’insuline par le fœtus lui-même. Or l’un des effets de cette surproduction fœtale est l’augmentation du poids du nouveau-né… Du coup le bébé peut présenter un poids excessif (plus de 4 kg), ce qui pourra induire un accouchement plus difficile (les épaules de bébé auront du mal à passer), voire une césarienne.

Après la naissance, le nouveau-né aura également un risque d’hypoglycémie (glycémie basse) dans les premiers jours, car son pancréas qui avait pris l’habitude de fabriquer beaucoup d’insuline pendant la grossesse devra perdre cette habitude.

Heureusement, la plupart des femmes atteintes de diabète gestationnel donnent naissance à des bébés en bonne santé, à condition d’avoir suivi les conseils pour maintenir la glycémie dans les valeurs normales. Cependant, le diabète peut être transmis par la maman de manière héréditaire, et un diabète de type 2 peut donc ensuite apparaître à l’âge adulte.

Risques pour la maman

Le diabète gestationnel expose la femme enceinte à un risque accru d’infection, en particulier urinaires (l’hyperglycémie favorise le développement des bactéries), mais également d’hypertension artérielle grave et d’hémorragie de la délivrance.

Après l’accouchement cependant le diabète disparaît dans 98% des cas, mais le risque de développer un diabète de type 2 définitif à long terme existe aussi. Pour vérifier la disparition du diabète gestationnel, un test sera réalisé 3 à 6 mois après l’accouchement.

Enfin, la femme qui a connu un diabète gestationnel a malheureusement près de 70% de risques de développer à nouveau un diabète gestationnel lors des grossesses suivantes… Il est par conséquent nécessaire de réaliser un test de dépistage dès le début d’une nouvelle grossesse.

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